- emery-jane redfield (prison) -

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Cinzia Verzierovieille fille et blogueuse désespérée
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Sujet: emery-jane redfield (prison) ( le Mar 17 Jan - 9:43 )
Citation :
NOM + Vu ce qu'il m'est arrivé ces dernières années, je ne pense pas que c'est un nom qu'on peut porter avec fierté. Du moins, je pense que c'est la manière dont ma famille le voit. Mon nom est Redfield, ce qui signifie "champs rouge". Ca correspond plutôt bien pour mon défunt père. PRENOM(S) + A ma naissance, j'aurais pu avoir un seul prénom, comme ma soeur jumelle, mais mes parents m'ont donné le prénom de Emery-Jane et en second, Ciara. Peut être qu'ils n'arrivent pas à se décider entre les deux ? Cela restera un mystère. Mais la plupart des gens m'appellent simplement Emery. DATE ET LIEU DE NAISSANCE + Je suis née, avec ma soeur jumelle, le 19 mai dans un hôpital de Knoxville, Tennessee. Je pourrais vous dire que c'était par une belle nuit étoilée et de pleine lune mais en réalité, je n'en sais strictement rien. AGE + Je suis âgée de vingt-cinq ans. Bientôt une année de plus qui passera et une année de plus à reprendre goût à la vie. ORIGINE + Des origines écossaises semblerait-il, du côté de mon père. Mais je n'ai jamais visiter ce pays. Peut être un jour ? ORIENTATION SEXUELLE + Bien que je me suis déjà donnée à une femme, il y a quelques années de cela. Elle était l'exception qui confirme la règle. Je suis belle et bien hétérosexuelle, il n'y a que les hommes qui m'attire, en particulier un que je n'arrive pas à sortir de ma tête. SITUATION CIVILE + Je suis actuellement célibataire et aucun homme de mon entourage ne m'attire. J'ai aimé un homme qui est maintenant loin et dont je n'ai plus de nouvelles depuis des années. PROFESSION + Il n'y a pas beaucoup d'entreprises qui prennent un salarié avec un casier judiciaire et sans diplômes. Après être sortie de prison, j'ai réussi tant bien que mal à trouver un emploi en tant que serveuse à NOM et barmaid à NOM. A côté, je prends des cours par correspondance en ETUDES pour passer mon diplôme en candidat libre.

Citation :
Emery a une soeur jumelle nommée Aloïs qui est toute sa vie. △ Elle a passé toute sa vie à Phoenix, en Arizona. △ Pour réaliser le rêve de sa soeur d'aller à l'université, elle a enchaîné les petits boulots pour lui payer. △ Sa meilleure amie, et amante, l'a manipulé pour la faire rentrer dans son réseau de prostitution. △ Elle a fait deux ans de prison pour trafic de femmes mineurs immigrées à des fins de prostitutions. △ Elle a toujours proclamer son innocence mais n'a jamais balancé le nom sa meilleure amie. △ Emery a trouvé l'amour en prison, un autre détenu. △ Elle est sortie il y a deux ans mais elle est en liberté conditionnelle. △ Elle est serveuse au BAR/CAFE et barmaid au CLUB. △ Sa soeur est atteinte d'un cancer des reins. △ Emery n'est pas compatible pour la greffe. △ Son passé refait surface en ville. △ Elle trouve refuge dans l'écriture et a relaté ses mésaventures dans un journal intime. △ Emery a cessé d'écrire quand, du jour au lendemain, Killian n'a plus retourné ses lettres. △ Elle fait du sport pour décompresser parce qu'elle fait énormément de cauchemars. △ Tous les matins, elle part courir dans les rues de Phoenix. △ Depuis qu'elle a été en prison, elle est claustrophobe. △ Elle a un tatouage sur les côtes du côté droit : 2358 en chiffre romain. △ Personne n'est au courant de son séjour au prison, seule sa soeur mais elle ne sait pas pourquoi. △ Elle a toujours rêvé d'apprendre le piano.
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Cinzia Verzierovieille fille et blogueuse désespérée
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Sujet: Re: emery-jane redfield (prison) ( le Mar 17 Jan - 9:43 )

Citation :
« Etre conscient de son ignorance, c'est tendre vers la connaissance. » Benjamin Disraeli. Ma soeur et moi avions un désir qui nous paraissait fou en vu de notre situation. Notre mère est devenue une alcoolique et une droguée depuis le décès de notre père, mort au combat. C'était un soldat qui défendait sa patrie au péril de sa vie de famille. Il était notre héro et à sa mort, tout a changé à la maison. J'ai rapidement endossé le rôle de la mère pour ma soeur jumelle. C'est à moi qu'incombait de préparer les repas, faire la lessive et, entre autres, nettoyer le vomi de ma tendre mère au bord du coma éthylique. Cela durait depuis des années et ce n'était pas prêt de s'achever. Alors avoir l'ambition de rentrer toutes les deux à l'université était un peu surréaliste, surtout au niveau des tarifs. « La chance tourne un jour ou l'autre, Aloïs. Un jour, ça sera notre tour, j'en suis certaine. » La rassurais-je. Aloïs était une brillante élève aussi loin que remonte ma mémoire. Chaque soir, elle passait des heures sur ses livres rien que pour le désir d'apprendre. De nous deux, elle était la plus apte à réussir dans la vie. Certains soirs comme celui-ci, nos corps allongés sur notre lit, nous avons pris comme habitude de regarder des brochures d'universités américaines pour planifier notre futur. Mais petit à petit, l'espoir de Aloïs s'envolait. « Je n'ai pas envie de finir caissière dans le supermarché du coin, Ninou. » Soufflait-elle désespérément. Le regard de ma soeur se perdit sur le plafond craquelé au dessus de nos têtes. Je la voyais s’empêcher de cligner des yeux pour ne pas risquer une larme. Aloïs avait peur de l'avenir et surtout peur de finir comme notre mère. Mais elle voulait se montrer forte, pour moi. Je me suis alors redressée pour m'installer en tailleur en face de ma soeur. Les mains sur les genoux, je la regardais avec un sourire tendre. « Je vais me mettre à travailler, Aloïs. Et cette argent, il sera pour toi. Pour l'université. Je ne te laisserai pas renoncer à tes rêves. Je n'ai jamais été une grande bosseuse alors peu m'importe d'aller ou non à l'université. Mais toi, tu iras. Je t'en fais la promesse. » Lui lançais-je avant de lui tendre mon petit doigt. Dans un sourire, elle vint l'attraper du sien. C'était notre signe pour sceller un pacte. C'est ainsi, qu'à seize ans, j'ai enchaîné les petits boulots. C'était la première fois que je prenais une décision sans aucun regret. Tout ce qui m'importait était Aloïs.

« Tu n'as jamais essayé avec une fille ? » S'élançait une des amies saoules de Taisiya. Nous étions dans un club de Phoenix et bien que j'étais réticente à cette sortie, ma meilleure amie a insisté pour que je découvre les bienfaits du monde de la nuit. J'allais me dévergonder un peu, comme elle le disait si bien. C'était mon superhéro. Alors que j'étais seule face à mes problèmes, elle est venue me sortir de ma solitude. Mathilde et sa copine, Laëtitia, connaissaient Taisiya depuis quelques temps déjà. D'après ce que j'ai pu comprendre de leurs conversations, malgré la musique et les basses, elles travaillaient ensemble. C'est ainsi que Laetita et Mathilde essayaient de m’initier à cette orientation sexuelle, juste au moins par curiosité. Mathilde ponctuait ses phrases par des expériences personnelles où elle ajoutait, entre autres, qu'avant de rencontrer sa copine, elle était hétérosexuelle. Mais je n'étais pas réellement convaincue et mon inexpérience la plus totale dans ce domaine se ressentait dans l'ambiance. « Bon allez, sinon elle va jamais le faire ! » S’exclamait Taisiya. Sans attendre, elle m'attrapait par la nuque pour coller mes lèvres aux siennes. Un baiser fougueux. Nous avons passé la nuit ensemble et le lendemain, sans que j'eu le temps de réaliser ce qu'il s'était passé, nous étions ensemble. Je voyais bien depuis quelques temps les sous-entendus de ma meilleure amie et les caresses qui se perdaient dans certaines soirées. Je ne sais pas si j'avais de réelles sentiments pour Taisiya. Mais ce dont j'étais sûre, c'est que depuis notre rencontre, j'avais changé. Je reprenais confiance en moi et je commençais à vivre. L'erreur de mon passé.

Cela faisait maintenant six mois que je travaillais comme barmaid dans le pub du coin. Je faisais jusqu'à la fermeture, soit une ou deux heures du matin. Le taxi me déposait, une nuit de plus, devant la maison délabrée de ma mère et sur la terrasse d'entrée, j'entendais les hurlements de ma soeur. Paniquée, c'est en accourant que j'ai ouvert la porte. « Comment as-tu pu fouiller dans mes affaires ? » Hurlait-elle. Je posais alors mon sac à dos sur le meuble à côté de la porte avant d'observer la scène. Ma mère était encore ivre et sûrement droguée à cette merde que son copain lui vendait. Quant à ma soeur, elle était folle de rage. Le teint rouge de la même couleur de ses yeux signe qu'elle avait pleuré. « Vous comptiez me cacher combien de temps la liasse de billets dans votre chambre ? » Répondit ma mère en brandissant une boite. Cette boite, c'était Aloïs qui l'avait fabriqué. C'est à l'intérieur que se trouvait l'argent pour l'université. « Je vous offre un toit et c'est comme ça que vous me remerciez ? Petites ingrates ! » Lançait-elle avant d'ouvrir la boite pour prendre les billets. M'approchant de ma soeur, je vins déposer ma main sur son épaule. « Appelle Tata et dis lui que tu prends le train ce soir pour Phoenix. » Je me suis dirigée par la suite vers la femme qui se tenait devant nous. Femme qui n'était plus ma mère depuis des années. Je lui ai arraché la boite et les billets des mains. Je les ai directement redonné à ma soeur en lui faisant signe de monter pour préparer sa valise. Alors que j'entendais la riposte de ma mère, je me suis tournée vers elle. « Ecoute moi bien parce que je le dirai pas deux fois. Cette argent est à Aloïs, pour ses études. Je l'ai gagné avec mes boulots. Et si tu n'es pas contente, c'est pareil. Si je vais rester encore ici avec toi, c'est uniquement pour cette raison. Tu n'as pas été capable de t'occuper de tes filles alors ça ne m'étonne même pas que tu ne puisses t'occuper de ta vie. Depuis des années, je fais absolument tout dans cette maison alors tu n'as absolument aucun droit sur cet argent. » Pour la première fois depuis vingt ans, je lui tenais tête. A la suite de quoi, elle a disparu pour la soirée. J'en ai alors profité pour accompagner Aloïs au train en direction de Phoenix.

Depuis cet épisode avec ma mère, je n'ai plus remis un seul pied à la maison. Je me suis installée chez Taisiya qui louait un appartement à la sortie de la ville. « Je ne suis pas certaine de vouloir... » Lui annonçais-je, honteuse, mes mains moites se frottant contre le bas de ma robe pour y défaire les plis. Devant nous, un immense hôtel se dressait tel un building. « Je croyais que c'est ce que tu voulais, Emery. » Rétorquait-elle sèchement. Avec ce ton là, Taisiya avait le don de me geler sur place. « Pas vrai ? De l'argent pour les études de ta soeur, non ? » Elle avait raison et elle savait. Elle frappait toujours là où il fallait. La date butoir pour les dossiers d'inscription était dans une semaine à peine. Il fallait que je gagne le reste de la somme très rapidement. C’est à ce moment là que ma meilleure amie, et amante depuis six mois, m'a exposé son affaire. Taisiya m'a assurée qu'elle pourrait me sortir de mes problèmes, très rapidement. Et que je n'aurais plus jamais à m'inquiéter. Elle était ma sauveuse. Alors depuis quelques temps déjà, des hommes payaient mon amante pour se montrer en sa compagnie. Après de nombreux doutes et interrogations auxquels elle trouvait toujours une réponse rassurante, j’ai fini par accepter sa proposition. Après tout, qu'est ce que je risquais ? « Oui, excuses moi… » Finissais-je par murmurer. Taisiya travaillait dans ce milieu bien avant notre rencontre, d'après ses dires. Je me rendais compte de l'opportunité qu'elle m'offrait. Me laisser entrer dans son affaire alors que j'étais novice était un risque pour elle. « Allons-y alors. » Ajoutait-elle dans ce sourire qui lui est propre. Un lent baiser, une petite tape de courage sur les fesses et c'était parti. Celui que j’accompagnais était le plus âgé, la cinquantaine à peu près. Cheveux gris et costume d’une grande marque de prêt à porté, il étant sans nul doute un homme de la haute société. En l’écoutant parler à ses collèges tout au long de la soirée, j’ai très vite appris qu’il était le fondateur d’une très grande société immobilière française. De retour chez nous, j'étais soulagée que la soirée ne fut pas aussi désagréable que je l'imaginais. Cet homme m’a offert plusieurs verres de champagne et n'a eu aucun geste déplacé. « Et voilà pour toi, amour. » S’exclamait Taisiya en me tendant une enveloppe une fois que nous étions dans notre chambre. L'argent manquant. Une seule soirée et j'avais le reste. C'est ce qu'on gagnait à chaque fois ? « Tu vois, c’est efficace ! » A-t-elle terminé. Après ce fameux soir, ma vie a prit un tout autre tournant. J'ai suivis Taisiya dans ce business sans savoir réellement dans quoi je m'embarquais. J'étais si naïve.

Ce soir encore, nous sortions avec de nouveaux clients. Les affaires étaient fleurissantes pour Taisiya, ce qui la rendait d'autant plus excitée. Pour ma part, la fierté me submergeait. Cette soirée allait m'apporter le reste de l'argent nécessaire pour payer la deuxième année d'université d'Aloïs. Cela faisait un an que j'étais et vivais avec Taisiya. Un an que j'étais rentrée dans son affaire qui prenait de plus en plus d'ampleur. J'ai remis la boite sous notre lit pour ensuite rejoindre mon amante dans le salon. Nous avions rendez-vous dans un restaurant très chic de la ville de Phoenix. Une salle était entièrement réservée pour ce conseil restreint d’hommes d’affaires. La soirée se déroulait dans une ambiance détendue, du moins c'est ce que je pensais. Un regard vers Taisiya me suffit pour comprendre qu'elle était inquiète. Elle n’était pas aussi entreprenante qu'à son habitude et se montrait plutôt distante envers l’homme qui l’accompagnait. De son visage pâle, elle observait la salle avec attention. Puis au beau milieu de la soirée, elle s'est rapidement éclipsée aux toilettes. Bien que je continuais ma conversation avec l'homme assis à mes côtés, je gardais la porte des toilettes dans un angle de vue. Après quelques minutes d'attente, Taisiya n'était toujours pas sortie. Et si elle avait fait un malaise ? Je me suis alors levée en m’excusant auprès de mon client. Elle était si différente et je ne l'avais jamais vu aussi effrayée. Alors que je contournais la table, une main me saisit fermement le bras. « Tu restes là, toi. » Me lançait-il. En l’espace d’une fraction de seconde, je me suis retrouvée les mains menottées dans le dos. « Police d'Arizona. Je vous arrête pour prostitution illégale. » Ajoutait-il d’une voix ferme en me sortant du bâtiment. Prise par le choc, je ne réalisais pas encore ce qu'il venait de se produire pendant qu'il m’énonçait mes droits. De mon regard désemparé, je cherchais à travers la nuit le visage de Taisiya, en vain. Un autre homme accourut du bâtiment dont je venais de sortir avant d’interpeller le policier qui m'installait à l'arrière du véhicule de police. « La seconde fille, elle a filé. » Annonçait-il à voix basse. C'est tout ce que j'ai pu entendre avant qu'il claque la portière. Pendant le long trajet qui me semblait durer une éternité, je pris conscience de l'ampleur de la situation actuelle. Taisiya. Elle m’avait abandonné. J’ai passé toute la nuit en interrogatoire. Comment expliquer que, aveuglée par l'amour que je portais à cette femme, je me suis jetée corps et âme dans sa manipulation ? L'amour rend aveugle. Et je n'ai strictement rien vu venir. A cet instant, je me suis maudit d'être aussi naïve. Tout semblait plus clair désormais. Cet homme qui m'avait violé. En réalité, j'étais une prostituée. Ces policiers me prenaient pour une manipulatrice qui essayait de déroger à la sanction pénale. Ils m’ont demandé des renseignements sur cette femme qui était avec moi. Voilà pourquoi Taisiya ne voulait jamais utiliser nos véritables identités pour ce genre de soirées. Mais le plus étonnant est que je n'ai absolument rien dis. Les faits étaient devant mes yeux. Des papiers sur le transport de filles étrangères, entre autres. Sur les photos, j'ai reconnu Laëtitia et Mathilde. Deux françaises. Mineures. Ceci n’a pas arrangé ma coopération. N'ayant pas les moyens de me prendre un avocat, j'en ai eu un commis d'office. Un cancre. Les accusations qui portaient sur moi étaient disproportionnés par rapport à ce que je savais de la réalité. J'ai été accusé de trafic de femmes mineures immigrées à des fins de prostitutions. Les juges ont pris en compte qu'une autre personne était à la tête de ce réseau. Mais mon silence m'a identifié comme complice. J'ai été jugée et condamnée à quatre ans de prison dont une liberté conditionnelle accessible au bout de deux ans. J'avais vingt-et-un ans.

On ne peut oublier le jour de son incarcération puisque c'est là que notre vie s'achève. La petite fille naïve et influençable avait laissé place à une femme méfiante et distante. Une transformation. J'ai appris à ne faire confiance à personne. Cette cellule étroite aux barreaux froids et épais. L'absence d'espoir. Une cage. Du moment où j'y suis entrée pour la toute première fois, je savais qu'elle passerait le reste de mes nuits à me hanter. La plupart du temps, j'étais assise contre le mur en béton qui me rappait le dos. Je passais de longues heures à fixer le vide, me demandant parfois si je n'avais pas mérité tout ceci. Je me haïssais. Au yeux des gardiens, je n'étais personne. J'avais perdu mon identité. J'étais assimilée à cette masse de détenus. Détenue numéro 2358. C'est ainsi qu'ils m’appelaient. Je me suis faite tatouer ce numéro en chiffres romains au niveau des côtes. Un moyen de ne jamais oublier ce que j'ai vécu à l'intérieur de ces murs. De me rappeler que rien n'est acquis. Que la confiance entraîne rapidement à la désolation. La prison vous enferme dans une certaine paranoïa. Chaque détenu cherche à être le plus influençable, à gagner de l'autorité auprès des autres, à aspirer la crainte. Durant deux années, j'avais toujours un regard en arrière. Hormis les visites de ma soeur, mon seul répit était lorsque je le voyais, lui.

Au moins une fois par jour, nous avions l'autorisation de nous retrouver pour deux petites heures dans la cour, bien que ce soit un grand mot. Il y avait simplement un panier de basket, quelques gradins et des tables où il était possible de demander des jeux d'échecs et de cartes. Une fois de plus, j'étais assise sur les gradins, fixant alors le ciel que je peinais à apercevoir le reste du temps. Aujourd'hui, il était bleu et le soleil trônait en maître au dessus des nuages. Autrefois, j'étais totalement indifférente face à ce beau spectacle. Je ne prenais jamais le temps pour le contempler. C'est dévastateur qu'il m'ait fallu être en prison pour pouvoir me rendre compte de cette beauté. J'entendis alors un craquement sourd provenant d'un peu plus loin. Une table venait de se briser sous le poids de quatre détenus. Moins de deux minutes ont suffit aux gardiens pour les séparer et en envoyer un à l'isoloir. L'isoloir. Une pièce très étroite. Aucune lumière. On pouvait y passer des jours et des nuits. Les minutes devaient des heures et les heures des jours. La notion du temps était perdue. Pour les plus faibles, ceci laissait place à la folie. « Salut petit coeur. » Me lançait une voix à mes côtés. Killian, un autre prisonnier que j'avais rencontré quelques mois plutôt. Il m'avait séparé d'un détenu qui tentait de me violer. Oui, la prison est mixte. Fautes de moyens d'en créer deux, je suppose. Depuis ce jour, il me retrouvait à cet endroit pour me demander des nouvelles. C'est par la suite devenu une habitude, lorsqu'il n'était pas occupé à déclencher une bagarre ou à s'y mettre dedans. « Tu as la lèvre en sang. Tu finiras poignarder un de ces jours mais après tout, c'est ton problème. » Ajoutais-je avant de plonger à nouveau mon nez dans le livre que je tenais. Je ne pourrais décrire la nature de notre relation. Depuis que mon incarcération, je profitais de cet air frais pour contempler le ciel ou poursuivre un livre emprunté à la bibliothèque. Puis j'ai rencontré Julian et ma tranquillité de cet instant avait définitivement disparu. « J'ai appris à te connaître, petit coeur. Malgré ce que tu veux montrer, tu t'inquiètes. Sinon pourquoi cette réflexion ? » Me narguait-il avec un petit sourire en coin qui lui était propre. Je n'ai pu m’empêcher d'étirer un timide sourire sur les lèvres. Il est vrai qu'il était le seul ici à avoir percé ma carapace, malgré la distance que je m’efforçais de mettre. Un soir où j'étais à bout, je lui ai livré mon passé et les raisons qui m'ont envoyé ici. Probablement pris d'une affection pour moi, il me protégeait de tous. Ce qui lui a valu le plus souvent des hématomes, des fractures et autres. « Killian, tu ne m'as jamais dis pourquoi tu t'es retrouvé en prison. » Me risquais-je. A vrai dire, je pense que j'avais un peu peur de la réponse. Ce n'est pas dans cet endroit que je pourrais faire des rencontres sans risques tels les films à l'eau de rose. Il y avait de tout : des voleurs, des pédophiles, des violeurs, des arnaqueurs et j'en passe. Beaucoup de rumeurs circulaient mais aucun d'entre eux ne dévoilait la vérité. Tous préféraient plutôt garder le mystère et l'imagination des autres pour animer la crainte dans leurs yeux. « J'ai tué un homme. » M'avouait Killian sans pour autant détacher son sourire de ses lèvres. Je n'ai rien ajouté. Le frisson glacial de ma nuque à mes reins me pétrifiait de tout mouvement. Je ne pouvais pas me résigner à le voir comme un meurtrier. Lui qui était si différent avec moi, il n'avait pas cette noirceur dans les yeux comme les autres. Une sonnerie intense retentit signifiant que l'on devait retourner dans nos cellules. Killian s'est levé et m'a fait face pour me regarder droit dans les yeux. « Tu sais, j'attends ces deux heures avec impatience rien que pour te voir. Tu es le meilleur moment de ma journée. » M'a-t-il adressé avec un clin d'oeil avant de rejoindre les autres de son bâtiment. Je suis restée le temps de quelques secondes avec un sourire niais sur le visage. Qui aurait cru un jour que je pourrais tomber amoureuse d'un homme en prison.

J'attendais ce moment depuis la semaine dernière. En contrepartie d'une bonne conduite, nous avions le droit à des visites et la seule personne sur ma liste était ma soeur jumelle, Aloïs. J'étais impatiente et en même temps tellement nerveuse. Je remettais sans arrêt une mèche de mes cheveux derrière mon oreille avant de fixer l'horloge. Pour l'occasion, j'avais demandé à l'une des gardiennes de me prêter une petite robe d'été. Elle était simple, bustier et à fleurs. Je suppose que pour les gens en dehors de ces murs, elle était absolument immonde et démodée. Mais pour moi, c'était le symbole d’être à nouveau quelqu'un, une femme. Cette gardienne devait avoir pitié de moi et de mon histoire car pour toutes les visites, c'est cette robe-ci que je portais. J'étais assise devant cette vitre qui me semblait disproportionnée et ma jambe tremblait dans l'attente de voir la porte s'ouvrir sur la silhouette d'Aloïs. J'entremêlais les doigts de mes mains moites et c'est à ce moment là qu'elle fit son apparition, toujours avec son sourire tendre. J'ai pris le téléphone qui était accroché sur le côté de la vitre pour entendre sa voix. Nous avions discuté de tout et de rien. Le fait qu'elle était là chaque semaine me faisait oublier l'espace de quelques instants les barreaux de ma cellule. Elle n'a jamais été au courant de ce qu'il s'était passé, avec Taisiya et tout ça. Ma soeur connaissait l'histoire en gros mais je n'avais jamais voulu lui en parler. De nous deux, j'ai toujours été la plus forte. Et je ressentais comme le devoir de l'être encore aujourd'hui. A vrai dire, c'était aussi parce que je n'aurais pas eu le courage d'affronter les yeux remplies de honte de ma soeur, elle qui est mon tout. « Écoutes, dès que tu es sortie, on prend un appartement toutes les deux. Tonton et Tata sont très impatients de te voir aussi. » M'annonçait-elle. Sortir. J'avais pendant longtemps espéré ce jour. Mais plus je m'enfonçais dans ma peine, plus je me pensais que ces murs auraient raison de moi. Je ne savais pas comment la remercier. Même après toutes ces années où nous avons été séparées, Aloïs était là pour moi. « Toujours aucune nouvelle de maman...? » Me risquais-je sur ce terrain aride. En vue de son visage qui perdait son sourire, je compris que la réponse était négative. Cela ne me surprenait même pas. Après tout, depuis le décès de notre père, elle est morte avec lui. Aloïs a toujours été ma seule famille. Si elle n'avait pas été là, j'aurai sombré.

C'était le jour de ma libération conditionnelle. Après deux années à purger ma peine, j'allais enfin sortir. Être libre. Pour l'occasion, je portais la même robe bustier à fleurs que pour les visites avec Aloïs, ma soeur jumelle. La gardienne m'en avait fait cadeau. Cette robe représentait ma force. Je la portais pour mes visites et aujourd'hui, je la portais pour quitter cet endroit. Les gardiens m'ont restitué les objets que j'avais à mon arrivée. Un portable inutilisable pour faute de n'avoir payé l'abandonnement, un rouge à lèvre couleur pourpre, un chewing-gum menthe forte périmé et mes papiers d'identité. Je me positionnais devant la fenêtre pour guetter l'arrivée d'Aloïs, les mains tremblantes. J'avais l'angoisse du monde extérieur. Et si je n'arrivais pas à m'adapter, à reprendre le cours de ma vie ?  Être une personne normale. Cette prison m'a changée, je le sais, et pas uniquement en bien. C'est alors que la porte s'ouvrit, laissant place à Killian, menotté. Un large sourire prit place sur mes lèvres alors que je venais l'enlacer une toute dernière fois. « Ils ont accepté que je vienne te dire au revoir. » Murmurait-il à mon oreille où je sentais son incroyable sourire en coin. Le plus surprenant, c'est que quelque chose allait me manquer. Oui, quelqu'un dans cette prison me donnait du mal à la quitter. Killian. Sa bonne humeur, son humour, son visage. Je n'allais plus les voir et cette pensée me laissait un goût amer dans la gorge. « Il te reste combien de temps..? » Lui demandais-je avec une faible voix. Tout aurait été tellement plus simple si notre libération était en même temps. J'aurais pu le connaître en d'autres circonstances, en dehors de cet isolement. Mais mes expériences m'ont appris que la vie n'est jamais comme on le souhaite et elle n'est en rien tendre. « Encore quelques années. » Ajoutait-il. Ma tête s'est baissée en direction du sol, ressentant tout à coup cette pointe au coeur face à l'inévitable. Killian s'est lentement approché de moi. De ses mains menottées, il a passé quelques doigts sous mon visage pour le relever face au sien. « Ne m'oublies pas, Emery... » Me murmurait-il. Ce ton, c'était comme s'il me suppliait. Dans un léger sourire, j'ai hoché la tête tout en laissant s'échapper une larme qui vint essuyer de son pouce. Je crois bien que c'était la première fois qu'il m'appelait par mon prénom. Un regard profond suffit pour qu'il vienne déposer ses lèvres sur les miennes le temps d'un seul et unique baiser. Le premier. Le dernier. « Profites bien de ta liberté, petit coeur. » Me lançait-il avant que des gardiens viennent le récupérer. A ce moment, j'ai regretté ma sortie.


« Bienvenue chez toi, Ninou ! » S'exclamait ma soeur jumelle. Malgré tout ce qu'il s'était passé, Aloïs est toujours restée confiante et optimiste. Ceci ne devrait plus me surprendre car ce sont là ses plus grandes qualités. Après deux heures de train où elle me répétait que l'opportunité d'une nouvelle vie s'offrait à moi, mes pieds se sont enfin posés sur la ville de Knoxville. Malgré notre discussion, ou plutôt son monologue, je pensais que cette idée n'était rien de plus qu'une utopie. Mais en voyant le paysage de cette ville dynamique, j'y ai vu à mon tour un nouveau point de départ. Personne ne savait qui j'étais, personne ne savait mes erreurs. Je savais que reprendre ma vie en main ne serait pas facile. Mais j'étais décidée à rendre les choses meilleures, à me rendre meilleure. Pour nous deux. Le soleil à son zénith, je ressentais sa chaleur sur ma peau. C'était la première fois que je voyais autre chose que les barreaux de ma cellule. Un peu dépaysée, je contemplais cet appartement dans lequel Aloïs vivait depuis quelques temps. « Je t'ai préparé ta chambre ! J'ai passé des semaines à tout repeindre, alors j'espère que ça va te plaire. » Je dessinais un léger sourire sur mon visage alors qu'elle m’entraînait rapidement vers la pièce qui était sans doute ma chambre. Le lit semblait bien confortable et Aloïs m'avait déjà placé une armoire remplie de vêtements dont elle ne voulait plus. L'appartement n'était pas spécialement immense mais à mes yeux d'ancienne détenue, il l'était. Aloïs vint passer ses bras autour de moi comme si elle rêvait de le faire depuis un long moment. « Tu es chez toi maintenant. » Murmurait-elle. Ma vie pouvait commencer. A vingt-trois ans, je me sentais renaître. Un foyer chaleureux. Une soeur retrouvée. Une nouvelle vie, ensemble. Alors que je prolongeais cette étreinte en plongeant ma main dans ses cheveux, j'ai senti tout son poids s'affaisser contre mon corps. « Aloïs ? » Elle ne répondait plus. Ses yeux clos. Son visage pâle. J'amortissais sa chute. « Le 911 ? Oui, ma soeur s'est évanouie. Je suis au 15 Fountain Hills à Paradise Valley. Fait vite, je vous en supplie. » Des larmes de peur et de panique coulaient à flot sur mes joues alors que je tentais de la réveiller. Je n'ai jamais été aussi effrayée de toute ma vie.

Deux ans. Deux ans que j'ai quitté la prison. Deux ans que j'aspirais à une nouvelle vie. Deux ans que j’espérais enfin être une personne normale. Deux ans que ma soeur a un cancer des reins. Deux ans que les dialyses se font régulièrement. Deux ans qu'elle est de plus en plus fatiguée. Deux ans qu'elle attend une greffe et que je suis incompatible. Je me sens impuissante. J'ai l'impression de revenir en arrière. Nous avons besoins d'argent mais cette fois-ci, l'enjeu est beaucoup plus gros. Alors j'enchaine à nouveau les petits boulots comme autrefois. Mon seul refuge à tout cela : l'écriture. Durant un an, j'échangeais des lettres avec Killian. Je lui parlais de mes inquiétudes et il m'a conseillé de retranscrire ma vie par écrit. Il m'a assuré que ça me permettrait de me vider la tête, de m'évader et de me confier à moi-même. C'est ainsi que j'ai commencé à écrire un journal intime où je retrace l'ensemble de mes mésaventures. J'y prenais du plaisir, c'est vrai. Killian me connaissait trop bien. Même si nous étions loin, j'avais cette impression qu'il était prêt de moi et qu'il me soutenait. Puis du jour au lendemain, plus aucune lettre. Killian a cessé de m'écrire. Sans raison. Voilà presque un an maintenant que je me tue au travail et que je ne prends plus la peine d'écrire. Je crois que j'ai abandonné quand il m'a abandonné. Maintenant, il faut avancer. Mais le passé nous rattrape toujours. Killian est sortie de prison et sachant que Emery vit à Phoenix, il arrive en ville.
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- emery-jane redfield (prison) -
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